Surveiller la température d’une baie, une fuite d’eau ou l’ouverture d’une porte : ces besoins ne disparaissent pas avec une gamme de produits. Pourtant, Cisco met fin à la commercialisation des capteurs Meraki MT le 10 novembre 2026, sans remplaçant direct. Un choix difficile à accueillir avec enthousiasme lorsque l’on a investi dans cet écosystème. Annonce Cisco.
L’échéance approche. Pour les entreprises équipées, il faut désormais organiser la suite : prolonger raisonnablement l’existant, puis choisir une solution capable de reprendre les usages réellement nécessaires.
Fin de vente et fin de support : les dates à retenir
Le bulletin Cisco EOL15906 fixe le calendrier suivant :
| Étape | Date |
|---|---|
| Annonce de fin de vie | 12 mai 2026 |
| Dernier jour de commande des références concernées | 10 novembre 2026 |
| Dernière date possible d’expédition par Cisco | 8 février 2027 |
| Dernière date de renouvellement des contrats de service matériels et accessoires | 5 février 2031 |
| Dernier jour de support | 30 novembre 2031 |
Les MT10, MT11, MT12, MT14, MT15, MT20, MT30 et MT40 sont concernés, ainsi que les accessoires listés et les licences MT de 3, 5, 7 et 10 ans. Le support reste soumis aux droits et contrats applicables. Bulletin officiel et références concernées.
La fin de vente ne signifie pas l’arrêt immédiat des capteurs. Cisco prévoit le maintien de l’assistance, des mises à jour critiques et des correctifs de sécurité jusqu’à l’échéance du support. Après le 10 novembre 2026, seules les licences MT d’un an resteront commercialisées ; leur vente cessera le 10 novembre 2030. Une licence longue ne prolonge pas le support au-delà de 2031, et Cisco ne garantit pas une connexion indéfinie au Dashboard après cette date. FAQ Meraki MT.
Un arrêt qui laisse un goût amer
L’intérêt de Meraki MT tenait à son intégration : des capteurs reliés en Bluetooth à des passerelles Meraki compatibles, avec les mesures et les alertes dans le Dashboard. Pour une entreprise déjà équipée, cela évitait de gérer un outil supplémentaire pour surveiller ses locaux. Fonctionnement des capteurs MT.
La décision paraît d’autant plus brutale qu’elle remet en cause ce choix d’ensemble. Six mois pour clore les achats, c’est court à l’échelle d’un programme d’équipement multisite. Le temps consacré aux implantations, aux seuils d’alerte et aux procédures d’exploitation devra être pris en compte dans la migration.
Cisco justifie ce retrait par une croissance limitée et confirme qu’aucun successeur direct n’est prévu. Le constructeur oriente néanmoins les clients vers Cisco Spaces et des capteurs tiers. FAQ sur l’arrêt des MT.
Il serait donc excessif d’affirmer qu’aucune alternative n’est proposée. Mais le guide de transition Spaces ne couvre pas encore toute la gamme : les alternatives aux MT12 et MT20 y sont indiquées comme à venir, et aucune référence n’est renseignée pour le MT40. Guide de migration Cisco Spaces.
Ce que l’on peut reprocher à Cisco, c’est de fermer cette gamme sans assurer une relève directe et complète. Pour le client, changer de capteur peut devenir un projet d’intégration : reprendre les alertes, organiser l’accès aux données, former les équipes et financer une nouvelle plateforme. Le délai de support donne du temps pour le faire ; il n’efface pas ce travail.
Cinq alternatives aux capteurs Meraki MT
Les solutions ci-dessous constituent des pistes à étudier selon le besoin. Elles ne remplacent pas toutes les fonctions des MT et ne doivent pas être considérées comme des capteurs directement adoptables dans le Dashboard Meraki.
1. Milesight EM300-TH : température et humidité en LoRaWAN
Le Milesight EM300-TH mesure la température et l’humidité, avec une communication LoRaWAN, un boîtier IP67 et une configuration par NFC. Il mérite d’être étudié pour reprendre un besoin de mesure ambiante de type MT10. Il ne remplace ni une sonde déportée, ni un détecteur de fuite, ni un capteur de CO₂. Fiche Milesight EM300-TH.
Il faut prévoir la chaîne de collecte : une couverture LoRaWAN, un serveur réseau et une application pour exploiter les données. Certaines passerelles Milesight intègrent le serveur réseau et transmettent les mesures à des services tiers via HTTP ou MQTT. Intégration des passerelles Milesight.
Notre lecture : une piste intéressante pour répartir des mesures dans plusieurs zones et garder du choix dans l’exploitation des données. Il faudra valider la couverture, les intervalles de remontée et les alertes sur le terrain.
2. UniFi : SuperLink Gateway et UniFi Protect
Ubiquiti propose une SuperLink Gateway, administrée dans UniFi Protect sur une console UniFi OS compatible. La passerelle prend en charge jusqu’à 96 capteurs SuperLink et 7 anciens UP-Sense en Bluetooth. La portée annoncée de 2 km correspond à une liaison en vue directe, pas à une garantie dans un bâtiment. Guide SuperLink.
Le USL-Environmental mesure la température, l’humidité et la luminosité, et détecte les fuites d’eau. Il nécessite la passerelle SuperLink. Caractéristiques du capteur.
Notre lecture : une piste naturelle pour un site qui utilise déjà Protect. Il faut bien chiffrer l’ensemble capteurs, passerelle et console. SuperLink reste un protocole propriétaire : le choix doit aussi porter sur la pérennité de l’écosystème et l’exploitation des alertes.
3. Kentix : surveiller un local technique dans son ensemble
Avec ses MultiSensor, Kentix associe plusieurs mesures : température, humidité, point de rosée, et, selon le modèle, mouvement, vibration ou monoxyde de carbone. Les versions Ethernet/PoE peuvent fonctionner de façon autonome avec KentixONE, et offrent des interfaces de supervision comme SNMP ou REST. Gamme Kentix MultiSensor.
Notre lecture : une solution à examiner pour une salle informatique ou un local technique où l’on souhaite réunir plusieurs fonctions de surveillance. Le choix du modèle est essentiel : un détecteur de CO ne mesure pas le CO₂, et les différentes versions ne réunissent pas les mêmes fonctions. Il faut partir des risques à surveiller et des alertes attendues.
4. Monnit ALTA : une gamme de capteurs et sa supervision
Monnit ALTA s’appuie sur des capteurs radio et une passerelle compatible. Le capteur d’humidité ALTA remonte également la température, avec une configuration dans iMonnit. C’est une piste pour réunir plusieurs points de mesure dans une plateforme dédiée. Capteur d’humidité ALTA.
Les capteurs et passerelles doivent correspondre en génération et en fréquence radio. Les versions destinées à l’Europe utilisent notamment la bande 868 MHz. Compatibilité des capteurs et passerelles et passerelle ALTA Ethernet.
Notre lecture : une option à comparer pour un parc de capteurs sans fil. Avant de choisir, vérifier l’offre logicielle iMonnit, la conservation des données, les notifications et les possibilités d’intégration effectivement incluses dans le devis.
5. HW Group : des sondes reliées à la supervision IP
Chez HW Group, le STE2 R2 illustre une approche adaptée aux locaux techniques : sondes externes, liaison Ethernet ou WiFi, alimentation possible en PoE, alertes e-mail et remontée des mesures par SNMP ou XML. Une connexion à un portail SensDesk est également prévue. Manuel officiel STE2 R2.
Notre lecture : une piste concrète pour surveiller une baie ou un petit local et raccorder les mesures à une supervision existante. Le raccordement WiFi du boîtier ne rend pas ses sondes sans fil : leur emplacement, leur câblage et les mesures prises en charge doivent être prévus dans le projet.
Quelle piste examiner en premier ?
Cette sélection dépend surtout de l’environnement déjà en place et de la façon dont les alertes seront traitées.
| Besoin prioritaire | Piste à examiner | Point à valider |
|---|---|---|
| Répartir des mesures de température et d’humidité | Milesight EM300-TH | Collecte LoRaWAN et application de supervision |
| Ajouter des capteurs à un site équipé de Protect | UniFi SuperLink | Console, passerelle et couverture radio |
| Surveiller plusieurs risques dans un local technique | Kentix | Fonctions exactes du MultiSensor choisi |
| Exploiter un parc de capteurs radio | Monnit ALTA | Compatibilité et offre iMonnit |
| Relier des sondes à une supervision IP | HW Group | Sondes, câblage et intégration |
Pour remplacer un MT14 ou MT15, vérifier les polluants réellement mesurés, dont le CO₂ le cas échéant. Pour un MT11, vérifier la sonde et sa plage de mesure. Pour un MT40, distinguer la mesure électrique de la capacité à commander l’alimentation : ce sont deux fonctions à retrouver explicitement dans le matériel retenu.
Préparer la transition sans remplacer tout le parc dans l’urgence
Commencer par un inventaire utile : modèle, emplacement, mesure surveillée, échéance de licence et destinataires des alertes. Pour chaque capteur, identifier ce qui se passerait si une alerte n’arrivait plus.
Comparer ensuite le coût complet : capteurs, sondes, passerelles, plateforme, abonnements éventuels, installation et exploitation. Le prix unitaire d’un capteur ne suffit pas à évaluer le coût de la migration.
Enfin, tester une solution sur un site représentatif. Une courbe de température qui s’affiche est un début. Il faut aussi vérifier qu’une alerte parvient à la bonne personne, qu’une perte de communication est signalée et que les données nécessaires peuvent être récupérées. Conserver l’ancien dispositif pendant cette validation évite de créer un trou dans la surveillance.
Vous utilisez des capteurs Meraki MT ? Contactez BoucheCousue pour faire le point sur votre parc et étudier une alternative adaptée à vos locaux, à votre supervision et à votre budget.
