Cisco et Google annoncent une expérience Google Meet native sur une sélection d’équipements Cisco. L’idée est simple : conserver les caméras, microphones, écrans tactiles et fonctions intelligentes de Cisco, mais démarrer la salle directement dans l’interface Google Meet.

Cette annonce mérite toutefois une précision importante. Les équipements Cisco savent déjà rejoindre des réunions Google Meet. Ce qui arrive n’est pas seulement un nouveau bouton : c’est un autre mode de déploiement, dans lequel Google Meet devient l’expérience principale de la salle, tandis que RoomOS continue de piloter le matériel et que Cisco Control Hub complète Google Admin pour l’exploitation.

La fonction est encore en bêta. Cisco annonce une disponibilité générale sur certains appareils à partir du premier trimestre 2027. Il est donc temps de préparer les choix de matériel et les pilotes, pas de présenter la solution comme déjà disponible partout.

Les entreprises qui souhaitent tester la solution peuvent dès maintenant signaler leur intérêt pour la bêta Cisco Devices for Google Meet.

Cisco présente l’association de Google Meet et Gemini avec ses équipements de collaboration, le partage de contenu et les intégrations de bâtiment intelligent. Vidéo officielle Webex publiée le 7 octobre 2026.

Rejoindre Google Meet était déjà possible

Sur un équipement Cisco enregistré sous RoomOS, il est déjà possible de rejoindre une réunion Google Meet grâce à WebRTC. Avec le calendrier hybride, le bouton de la réunion peut apparaître automatiquement sur le contrôleur. On peut aussi saisir le code d’une réunion depuis l’interface.

Cette passerelle est utile, mais elle reste une expérience d’interopérabilité. La documentation Cisco actuelle mentionne plusieurs limites : liste des participants, tableau blanc, contrôle de la caméra distante ou choix des dispositions ne sont pas disponibles comme dans une salle Meet dédiée. Selon le modèle, certaines fonctions de partage peuvent également manquer.

Cisco a amélioré ce mode au fil des versions de RoomOS. Le partage vers Google Meet peut notamment utiliser HDMI, USB-C, AirPlay ou Miracast sur les appareils compatibles. Cela ne transforme pas pour autant RoomOS en système Google Meet natif : la salle reste d’abord une salle Cisco qui rejoint une réunion externe.

Cette distinction ressemble à celle que nous décrivions dans notre article sur l’interopérabilité entre Google Meet et Microsoft Teams. Rejoindre la plateforme voisine et exécuter son expérience complète sont deux choses différentes.

Avec l’expérience native, Google Meet devient l’accueil de la salle

Dans le nouveau mode, l’utilisateur retrouve l’interface, les dispositions et les fonctions de Google Meet directement sur l’équipement Cisco. Cisco met aussi en avant Gemini dans Meet, associé à ses propres traitements audio et vidéo : cadrage dynamique, suivi des intervenants, suppression du bruit et, selon le système installé, gestion de plusieurs caméras ou diffusion spatiale du son.

RoomOS reste la couche qui coordonne le matériel. C’est un point important pour les salles avancées : caméra, microphones, haut-parleurs, écrans, contrôleur tactile et périphériques AV sur IP ne deviennent pas soudain des accessoires génériques. Cisco continue de gérer l’intelligence audiovisuelle et les fonctions propres à ses appareils.

Petite salle équipée d’un Cisco Desk Pro et d’un contrôleur tactile affichant Google Meet.
Les fonctions Google Meet s’exécutent sur des équipements dont Cisco conserve le traitement audio et vidéo. Visuel officiel © Cisco.

La promesse est donc de réunir trois éléments :

  • l’expérience utilisateur native de Google Meet ;
  • le matériel et les traitements audio-vidéo Cisco ;
  • l’administration de l’appareil et de l’espace de travail dans l’écosystème Cisco.

Ce mode ne condamne pas les autres plateformes. Cisco indique que les appareils pourront aussi prendre en charge Webex et permettre de rejoindre des réunions Microsoft Teams ou Zoom. Les fonctions exactes dépendront cependant du modèle, de son mode de déploiement et des options activées. Il ne faut pas transformer « plusieurs plateformes possibles » en « toutes les fonctions de toutes les plateformes en même temps ».

Grande salle de réunion Cisco avec plusieurs caméras, microphones de plafond et écran de visioconférence.
L’intérêt de Cisco reste aussi sa capacité à équiper des salles complexes et à rejoindre plusieurs plateformes. Les fonctions doivent être validées mode par mode. Visuel officiel © Cisco.

Sept familles d’appareils sont prévues

La page d’inscription à la bêta donne l’ordre de certification actuellement envisagé :

Équipement CiscoType d’espace visé
Room Barpetites salles et espaces de réunion
Room Bar Propetites et moyennes salles
Room Kit EQsalles moyennes et configurations modulaires
Desk Pro G2bureau individuel et petite salle
Room Kit Pro G2grandes salles et intégrations AV avancées
Board Pro G3collaboration tactile et idéation
Room Kit EQXgrandes salles intégrées

Cette liste est un portefeuille planifié pour la certification, pas la confirmation que chaque référence est aujourd’hui certifiée et disponible. L’ordre peut évoluer pendant la bêta.

Le formulaire Cisco permet de demander l’accès à cette bêta. Une inscription manifeste un intérêt ; elle ne confirme ni l’admission au programme, ni une date de mise à disposition.

Cisco précise aussi que l’expérience Google Meet nécessite un Room Navigator appartenant à l’une des quatre références suivantes : CS-T10-TS-L-K9=, CS-T10-TS-C-K9=, CS-T10-WM-L-K9= ou CS-T10-WM-C-K9=. Une barre Cisco utilisée uniquement en BYOD, ou un ancien contrôleur tactile, ne doit donc pas être supposé compatible sans vérification.

Cisco Room Bar accompagnée d’un Room Navigator affichant l’interface Google Meet.
Cisco Room Navigator affichant le calendrier et les commandes d’une salle Google Meet.
Room Bar et contrôleur tactile : le modèle exact de chaque élément compte dans la matrice de compatibilité. Visuels officiels © Cisco.

Pour un parc existant, l’inventaire doit descendre jusqu’aux références exactes du codec et du contrôleur. « Nous avons des Room Bar » n’est pas encore une matrice de migration.

Google Admin et Control Hub auront chacun leur rôle

Cisco présente Collaboration Control Hub comme un complément à Google Admin. Cette formulation est plus réaliste qu’une promesse de console unique.

Google Admin reste nécessaire pour l’environnement Workspace, les ressources de calendrier et la couche Google Meet. Control Hub apporte la supervision des appareils Cisco, leur état, les diagnostics, les informations de l’espace de travail et les fonctions de gestion propres à RoomOS. Cisco cite aussi l’agent ThousandEyes intégré pour aider à diagnostiquer le réseau depuis l’équipement.

Tableau de bord Cisco Collaboration Control Hub consacré à l’inventaire et à l’utilisation des espaces de travail.
Control Hub complète Google Admin avec la supervision des équipements et des espaces Cisco. Visuel officiel © Cisco.

Cette double administration peut être un avantage : chaque console conserve les informations de sa couche. Elle implique aussi de définir qui intervient lorsqu’une salle ne fonctionne plus. Une réunion absente du calendrier, une caméra indisponible, une perte réseau et une licence expirée ne se traitent pas au même endroit.

Avant un déploiement, il faut donc documenter au minimum :

  • la console qui enrôle l’appareil et celle qui gère la ressource de salle ;
  • le propriétaire des mises à jour RoomOS et de la configuration Google Meet ;
  • les alertes réellement disponibles dans chaque outil ;
  • les accès de support et la procédure de collecte des journaux ;
  • les dépendances réseau : DNS, NTP, proxy, certificats, pare-feu et qualité du lien Internet.

Une salle visible au vert dans Control Hub ne prouve pas qu’une réunion Google Meet complète fonctionne. Le contrôle final reste un appel réel avec son, vidéo, calendrier, partage et participants distants.

Une migration sans nouveau matériel ne veut pas dire sans travail

Google présente cette intégration comme un chemin de migration matérielle sans coût : une entreprise pourrait conserver certains équipements Cisco au lieu d’acheter un nouveau kit de salle pour passer à Meet. C’est intéressant, mais cette phrase ne doit pas être lue comme « migration gratuite ».

Les informations publiques ne détaillent pas encore toute la politique de licences, les éventuels abonnements Cisco nécessaires, les conditions de support ni la disponibilité géographique finale. Il faudra très probablement prévoir une licence Google Meet Hardware pour chaque salle, même si l’entreprise conserve son équipement Cisco. Cette licence sert habituellement à enrôler et administrer la salle dans Google Admin ; Cisco et Google doivent encore confirmer les conditions exactes applicables à cette nouvelle intégration. Le temps d’intégration, les accessoires compatibles et la remise en service restent également à chiffrer.

Cisco indique également que l’activation du mode natif passera par une réinitialisation d’usine, puis par le choix de Google Meet dans l’assistant d’enrôlement. Cette opération efface la configuration locale concernée : macros, paramètres réseau, périphériques, commandes de salle et intégrations doivent être inventoriés avant de commencer, puis validés après la migration.

Pour une salle simple, la transition peut être rapide. Pour un conseil d’administration équipé de plusieurs caméras, de microphones IP, d’un DSP, de commandes d’éclairage ou de deux écrans, la question n’est pas seulement de savoir si le codec apparaît dans la liste. Il faut vérifier que l’ensemble du scénario reste pris en charge dans le mode Google Meet.

Cisco Room Kit EQX à double écran affichant l’interface d’accueil Google Meet.
Sur un système intégré comme Room Kit EQX, la validation doit couvrir l’ensemble de la salle, pas seulement le codec. Visuel officiel © Cisco.

Le calendrier annoncé demande encore de la prudence

Les sources officielles ne formulent pas le calendrier exactement de la même manière. Le billet Google Workspace du 13 octobre indique un déploiement avant la fin de l’année 2026. La page Cisco actuellement en ligne annonce, elle, une disponibilité générale sur certains appareils à partir du premier trimestre 2027, tandis que l’inscription à la bêta reste ouverte.

Ces dates peuvent correspondre à des étapes différentes — bêta, déploiement initial et disponibilité générale — mais les pages ne l’expliquent pas suffisamment pour en déduire un calendrier contractuel. Pour un projet, nous retiendrions donc la date Cisco la plus prudente : GA progressive à partir du premier trimestre 2027, sous réserve de certification et de disponibilité par modèle.

Il faut aussi éviter de commander uniquement sur la base d’une vidéo de trente secondes. La vidéo confirme le positionnement : Meet, Gemini, fonctions Cisco, partage filaire et sans fil, intégration du bâtiment. Elle ne remplace pas une documentation de déploiement, une matrice de licences ni un test.

Comment préparer un pilote utile

Un bon pilote ne consiste pas simplement à voir l’écran d’accueil Google Meet apparaître.

  1. Inventorier la salle : modèle Cisco, version RoomOS, référence du Room Navigator, écrans, caméras, microphones, DSP, macros et périphériques IP.
  2. Sauvegarder la configuration avant toute réinitialisation et documenter la façon de revenir au mode précédent.
  3. Confirmer les licences et le support avec Cisco, Google et l’intégrateur, notamment le nombre de licences Google Meet Hardware nécessaires, avant de retenir le coût du projet.
  4. Tester le calendrier : réservation, réunion immédiate, invitation externe, modification et annulation.
  5. Tester l’audio et la vidéo réels : cadrage, personnes éloignées, bruit, double écran et périphériques externes.
  6. Tester le partage par les méthodes réellement utilisées : HDMI, USB-C, AirPlay, Miracast et partage depuis l’application.
  7. Tester les autres plateformes dont l’entreprise a besoin, avec leurs limites documentées.
  8. Relire les deux consoles après l’appel pour vérifier ce que Google Admin et Control Hub remontent réellement.

Pour une entreprise déjà équipée en Cisco et standardisée sur Google Workspace, cette annonce peut éviter de remplacer un matériel encore performant. Pour un nouveau projet, elle élargit le choix entre un système Cisco très intégré et les autres familles Google Meet Hardware.

La bonne décision ne se résume pourtant pas au logo affiché au démarrage. Elle dépend de la taille de la salle, du matériel existant, des plateformes invitées, de l’exploitation après installation et de ce que les utilisateurs doivent réellement faire pendant une réunion.

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