Vous avez équipé votre salle de réunion pour Google Meet. Une caméra qui cadre correctement, des micros qui captent les gens autour de la table, un écran de contrôle pour lancer les appels. Tout va bien.

Puis un client vous envoie une invitation Microsoft Teams.

Et là, il faut expliquer pourquoi cette salle, pourtant équipée pour faire de la visio, ne rejoint pas forcément la visio du client. On peut sortir un ordinateur, brancher la salle en USB si l'installation le permet, trouver une autre solution. Ou finir à plusieurs devant la webcam d'un portable, avec le bel équipement de la salle qui regarde tout ça sans servir à grand-chose.

C'est un peu dommage, quand même.

Google et Microsoft viennent de rendre ce scénario moins pénible : depuis l'annonce du 1er octobre 2026, l'interopérabilité intégrée entre Google Meet et Microsoft Teams est disponible de manière générale sur leurs équipements de salle Android/AOSP compatibles. Une salle Google Meet peut rejoindre une réunion Teams. Et une salle Microsoft Teams Rooms peut rejoindre une réunion Google Meet.

Ça fonctionne donc dans les deux sens. Et ça, c'est une bonne nouvelle pour les entreprises qui ne choisissent pas les outils de tous leurs interlocuteurs. Autrement dit, pas mal de monde.

Une réunion Microsoft Teams affichée sur l'écran d'une salle Google Meet et sur son contrôleur tactile, avec les commandes du micro, de la caméra et de l'appel.
Démonstration de l'interopérabilité sur l'écran et le contrôleur de la salle. Visuel Google Workspace, publié dans l'annonce du 1er octobre 2026.

La salle garde sa plateforme, mais peut aller chez le voisin

Une salle autonome, c'est une salle qui n'a pas besoin de votre ordinateur pour passer un appel. Elle a son propre système, son agenda, ses périphériques. Vous entrez, vous touchez le bouton de la réunion et vous démarrez. Enfin, c'est l'idée.

Le revers, c'est qu'elle est liée à une plateforme. Nous en parlions déjà dans notre article sur les contraintes des salles Google Meet. Le matériel et les possibilités ont évolué depuis, mais la question reste facile à comprendre : que fait-on quand l'invitation reçue vient d'ailleurs ?

Cette nouveauté ne transforme pas une salle Meet en salle Teams, ni l'inverse. Elle lui permet de rejoindre la réunion de l'autre plateforme en tant qu'invitée. Microsoft appelle cela le Direct Guest Join, ou DGJ. Encore un sigle, mais pour une fonction qui a le mérite d'être assez claire.

Prenons une salle Google Meet. Google prévoit de faire apparaître la réunion Teams dans son agenda en associant la salle à un événement contenant les informations Teams. Si l'invitation externe ne permet pas d'ajouter directement la salle, on peut créer un événement avec ces informations, ou dupliquer l'invitation en retirant les participants de la copie pour ne pas leur renvoyer une deuxième invitation. On peut aussi saisir l'identifiant de réunion et son code d'accès sur le contrôleur.

Il y a donc encore un peu de logique d'agenda à respecter. Le bouton ne devine pas quelle réunion vous cherchez à rejoindre.

Android, oui. N'importe quel appareil Android, non

Dans cette annonce, Android/AOSP désigne les systèmes embarqués dans des équipements de salle Google Meet et Microsoft Teams Rooms. Pas une tablette Android quelconque sur laquelle on aurait installé deux applications.

Ce n'est pas non plus la toute première passerelle entre Meet et Teams : Google rappelait lors de la preview du 2 septembre qu'une interopérabilité intégrée existait déjà pour les salles Google Meet sous ChromeOS et les Teams Rooms sous Windows. La nouveauté, ici, c'est son extension à Android et la sortie de preview.

Google annonçait un déploiement sur un à trois jours à partir du 1er octobre. Côté Microsoft, le support figure dans les notes de version Teams Rooms sur Android de septembre 2026, avec la version 1449/1.0.96.2026261804. Microsoft précise que la disponibilité d'une mise à jour peut varier selon le fabricant et le modèle.

Donc avant de promettre à toute l'entreprise que « maintenant ça marche », on regarde le modèle installé et sa version logicielle. Et on essaie. Avec une invitation externe, pas uniquement avec une réunion préparée entre deux comptes internes pour faire une démonstration bien propre.

Le câble HDMI n'a pas reçu le mémo

On arrive à la limite qui mérite probablement le plus d'attention.

Dans ce mode d'interopérabilité, rejoindre une réunion ne donne pas toutes les fonctions de l'expérience native. La documentation Google indique notamment que, depuis une salle Meet rejoignant Teams, on ne peut pas présenter par l'entrée HDMI, utiliser les deux écrans, changer la disposition des participants ou envoyer des messages dans le chat.

Du côté d'une Teams Room rejoignant Meet en Direct Guest Join, Microsoft indique aussi l'absence d'envoi de contenu par HDMI, un seul écran de salle pris en charge et une vidéo pouvant aller jusqu'à 720p à 30 images par seconde. La réception de contenu partagé est possible.

C'est une différence très concrète. Regarder la présentation du client et présenter votre propre document depuis le câble de la salle, ce n'est pas la même chose.

Si quelqu'un doit partager son écran, il faut donc prévoir une autre méthode, par exemple rejoindre aussi la réunion depuis son ordinateur pour y présenter le document. Sans y activer un deuxième micro et des haut-parleurs alors que la salle s'occupe déjà du son, sinon on risque de fabriquer un bel écho.

Pour un échange avec un partenaire, ce fonctionnement peut suffire. Pour un atelier où l'on partage beaucoup de contenu, il faut y réfléchir avant. Je garderais volontiers une possibilité de branchement BYOD, c'est-à-dire l'utilisation de la salle depuis son propre ordinateur, si les usages le justifient. L'interopérabilité donne une possibilité de plus ; elle ne rend pas cette souplesse inutile.

Une bonne nouvelle pour les salles que vous avez déjà

L'intérêt n'est pas forcément d'acheter du matériel. Il peut être de mieux utiliser celui qui est en place.

Google indique que cette interopérabilité Teams est sans coût additionnel et activée par défaut. Il faut tout de même vérifier les réglages de l'organisation : une configuration Pexip existante n'est pas remplacée automatiquement. Et « sans coût additionnel » pour cette fonction ne veut pas dire que les licences habituelles de la salle disparaissent.

Côté Teams Rooms, les préparatifs décrits par Microsoft concernent aussi bien l'activation de Google Meet que le traitement des invitations externes par l'agenda de la salle. Le réseau doit permettre de joindre la plateforme invitée, et les liens de réunion doivent rester reconnaissables après leur passage par les outils de sécurité des e-mails. Un détail qui peut expliquer pourquoi le bouton attendu n'apparaît pas.

Pour une salle existante, je commencerais donc par une réunion d'essai avec une personne extérieure : on réserve la salle, on rejoint l'appel, on vérifie le son dans les deux sens et on teste la présentation. Ça permet aussi de montrer aux utilisateurs ce qu'ils peuvent faire, et comment, au lieu de leur laisser découvrir les limites devant leur client.

Je trouve cette évolution plus intéressante que bien des nouveautés de visio : elle répond à un problème facile à reconnaître, sans demander aux entreprises de changer de plateforme. Il reste des restrictions, notamment sur le partage de contenu, mais pouvoir utiliser sa salle pour rejoindre l'appel reçu est déjà un progrès appréciable.

Si vous voulez savoir ce que cela permet sur vos équipements actuels, ou prévoir une salle qui gère mieux les invitations venues d'ailleurs, parlons-en. Chez BoucheCousue, on peut vous accompagner sur le choix du matériel, son intégration et les usages de la salle. C'est aussi là que se joue le confort des gens qui vont s'en servir.