Une carte de couverture Wi‑Fi peut être entièrement verte et pourtant cacher un réseau déjà sous-dimensionné. Le signal atteint bien les postes de travail, mais trop de terminaux doivent partager le même temps d'antenne. Les visioconférences se dégradent, les débits deviennent irréguliers et le problème n'apparaît qu'une fois les bureaux occupés.

La version de UniFi Design Center publiée le 13 août 2026 s'attaque enfin à cette différence entre couverture et capacité. Ses nouvelles Capacity Zones permettent de déclarer combien de clients Wi‑Fi 6, Wi‑Fi 6E ou Wi‑Fi 7 sont attendus dans une zone. Le placement automatique utilise ensuite cette charge pour adapter le nombre de bornes.

Pour une entreprise, ce changement est plus important qu'une nouvelle couleur de heatmap. Il rapproche l'étude prédictive de la question réellement posée avant un déploiement : combien d'appareils devront travailler simultanément ici, avec quels usages et sur quelles bandes radio ?

Ce qu'il faut retenir

  • Une Capacity Zone associe une partie du plan à un ou plusieurs groupes de clients Wi‑Fi 6, 6E ou 7.
  • Le placement automatique ne cherche plus seulement à répartir uniformément les bornes : il tient compte de la charge déclarée dans chaque zone.
  • La planification automatique peut choisir la largeur de canal de chaque radio 5 GHz et 6 GHz selon les interférences simulées.
  • Dans les zones denses, Design Center peut désactiver certaines radios 2,4 GHz pour limiter les interférences ; cette bande reste planifiée en 20 MHz.
  • Ces automatismes améliorent l'avant-projet, mais ils ne mesurent ni le bruit radio réel, ni l'occupation effective des canaux, ni le comportement des terminaux.
  • Le bon processus reste : hypothèses métier, étude prédictive, validation sur site, installation, mesures et ajustements.

Une bonne couverture ne garantit pas une bonne capacité

La couverture répond à une première question : un terminal reçoit-il un signal suffisamment exploitable à l'endroit où il doit fonctionner ? La capacité en pose une autre : la cellule radio dispose-t-elle d'assez de temps d'antenne pour servir tous les appareils actifs avec le niveau de service attendu ?

Ces deux dimensions ne progressent pas toujours ensemble. Une seule borne bien placée peut couvrir une grande salle de réunion vide. Lorsque cinquante personnes entrent avec un ordinateur et un téléphone, le signal reste visible, mais une centaine de terminaux peut se partager les mêmes radios. Ajouter de la puissance n'ajoute pas mécaniquement de capacité. Cela peut même agrandir les cellules et augmenter les recouvrements indésirables.

Le sujet concerne aussi les bureaux ordinaires. Une cafétéria occupée uniquement à midi, un espace événementiel, un auditorium et une zone de flex office n'ont pas la même densité qu'un couloir ou qu'une réserve. Une répartition uniforme des points d'accès sur le plan ignore ces différences.

Le guide BoucheCousue consacré au nombre de bornes Wi‑Fi dans un bureau explique déjà pourquoi une surface en mètres carrés ne suffit pas. La densité de terminaux, les applications, les matériaux et la forme des locaux influencent tous le dimensionnement. Les Capacity Zones donnent désormais un moyen simple de matérialiser une partie de ces hypothèses directement dans Design Center.

Les Capacity Zones ajoutent les utilisateurs au plan

Une Capacity Zone se dessine depuis la même barre d'outils que les zones de couverture. Elle peut recevoir un nom et Design Center affiche sa surface en mètres carrés ou en pieds carrés.

L'utilisateur ajoute ensuite une ou plusieurs entrées. Chacune associe une génération de terminal — Wi‑Fi 6, Wi‑Fi 6E ou Wi‑Fi 7 — à un nombre de clients attendu. Une même salle peut ainsi contenir plusieurs populations : des ordinateurs Wi‑Fi 6, des smartphones Wi‑Fi 6E et quelques postes Wi‑Fi 7, par exemple.

Cette distinction est utile, car toutes les générations ne mobilisent pas les mêmes bandes. Un client Wi‑Fi 6 limité au 5 GHz ne profitera pas du spectre 6 GHz. À l'inverse, un parc récent compatible 6E ou 7 peut répartir davantage de connexions sur cette bande, sous réserve que les points d'accès, la sécurité du SSID et les terminaux soient correctement configurés.

Design Center utilise la charge déclarée pour dimensionner le nombre de points d'accès à l'intérieur de la zone. Une salle dense peut donc recevoir davantage de bornes qu'un espace de circulation de taille comparable, au lieu d'obtenir une répartition uniforme fondée principalement sur la géométrie et la propagation estimée.

Les zones peuvent aussi servir uniquement de repères visuels. Il est possible de les nommer sans ajouter de population, afin d'identifier les salles et les zones métier sur le plan. Cette fonction est pratique pour rendre l'étude compréhensible, mais une zone sans clients déclarés ne contribue évidemment pas au calcul de capacité.

Le nombre de clients n'est qu'une hypothèse de départ

La nouvelle fonction rend le modèle plus pertinent, sans résoudre à elle seule le dimensionnement. Deux salles de cinquante clients peuvent produire des charges très différentes.

Dans la première, les appareils restent essentiellement connectés à la messagerie et à quelques applications web. Dans la seconde, chaque utilisateur participe à une visioconférence, synchronise des fichiers et partage son écran. Le nombre de clients est identique ; le besoin en airtime, en débit montant et en stabilité ne l'est pas.

Il faut également distinguer les personnes des appareils. Un collaborateur peut arriver avec un ordinateur, un téléphone et parfois une tablette ou un objet connecté. Tous ne transmettent pas en permanence, mais ils s'associent au réseau, échangent des trames de gestion et peuvent devenir actifs au même moment.

Avant de remplir une Capacity Zone, l'entreprise doit donc documenter au minimum :

  • le nombre de personnes présentes au pic d'occupation ;
  • le nombre moyen d'appareils par personne ;
  • la part de terminaux Wi‑Fi 6, 6E et 7 réellement déployés ;
  • les applications critiques et leur simultanéité ;
  • les besoins particuliers de voix, vidéo, mobilité ou faible latence ;
  • l'évolution prévue du parc pendant la durée de vie de l'installation.

Une valeur précise n'est pas forcément une valeur exacte. Elle reste une hypothèse de conception. L'intérêt de la zone est justement de la rendre visible et révisable, au lieu de laisser le chiffre dans un tableur séparé ou dans la mémoire de la personne qui a réalisé l'étude.

Le placement automatique devient plus crédible

Design Center disposait déjà d'un placement automatique des bornes. Jusqu'à cette version, l'outil cherchait surtout à couvrir un plan ou une zone Wi‑Fi sans obliger l'utilisateur à positionner chaque point d'accès à la main.

Avec les Capacity Zones, l'algorithme peut renforcer les secteurs qui concentrent le plus de clients. C'est un progrès concret pour produire une première implantation, comparer plusieurs modèles de bornes et estimer un budget matériel.

Il ne faut cependant pas lire le résultat comme un plan d'exécution définitif. Le calcul dépend de la qualité du plan, de son échelle, des murs renseignés, du modèle de point d'accès et des populations déclarées. Une cloison mal caractérisée, un plafond très haut ou une zone d'occupation oubliée peuvent déplacer le résultat dans la mauvaise direction.

L'emplacement proposé doit aussi être réalisable. Une borne dessinée au centre d'une zone peut tomber sous une verrière, au-dessus d'un plafond inaccessible ou loin de toute liaison Ethernet. Le chemin de câble, le budget PoE, l'orientation de l'antenne et les contraintes esthétiques restent des données de terrain.

Le précédent article sur UniFi Design Center et le passage du plan au provisionnement détaille ces dépendances. Le nouvel outil complète ce workflow : il améliore le calcul radio avant que la nomenclature et les Blueprints ne rapprochent le projet de la mise en service.

La largeur des canaux s'adapte aux interférences simulées

La version du 13 août étend aussi la planification automatique des canaux. Design Center peut choisir la largeur de canal de chaque radio 5 GHz et 6 GHz : plus large lorsque le spectre paraît disponible, plus étroite lorsque l'environnement simulé devient chargé.

Un curseur Allowed Interference permet de régler l'agressivité de ce choix. Ce contrôle traduit un compromis classique. Un canal large peut augmenter le débit maximal d'un client compatible, mais il consomme davantage de spectre et laisse moins de canaux indépendants pour les cellules voisines. Dans un déploiement dense, des canaux plus étroits peuvent permettre une meilleure réutilisation des fréquences et une expérience plus régulière.

La bande 2,4 GHz reste à 20 MHz. Design Center peut désormais désactiver certaines radios 2,4 GHz lorsque leur nombre créerait trop de recouvrement dans une zone dense. C'est cohérent avec le faible nombre de canaux réellement réutilisables sur cette bande et avec la place croissante du 5 et du 6 GHz dans les parcs récents.

Cette automatisation ne remplace pas une politique radio. Le choix doit rester cohérent avec les terminaux, les applications, la réglementation locale et l'environnement observé. Notre article sur les canaux Wi‑Fi de 20, 40, 80 et 160 MHz détaille les conséquences pratiques de chaque largeur.

Pourquoi l'audit Wi‑Fi reste indispensable

Design Center réalise une étude prédictive. Il calcule un comportement attendu à partir des informations disponibles dans le projet. Il ne se trouve pas dans le bâtiment et ne voit pas ce que les radios verront une fois installées.

Le bruit produit par les réseaux voisins, les radars qui influencent les canaux DFS, les structures métalliques, les vitrages traités, les ascenseurs et les équipements industriels peuvent modifier la propagation. L'occupation des locaux change aussi l'environnement : les personnes absorbent une partie du signal et les terminaux augmentent l'utilisation de l'airtime.

Un audit Wi‑Fi en entreprise confronte les hypothèses au terrain. Avant travaux, la visite permet de vérifier les matériaux, les hauteurs, le câblage et les contraintes de pose. Après installation, les mesures contrôlent le signal, le rapport signal/bruit, les interférences, les canaux, le roaming et l'expérience des clients réels.

Cette complémentarité est la bonne manière de présenter les Capacity Zones : elles rendent la simulation plus intelligente et facilitent le dialogue avec le client. Elles ne délivrent pas à elles seules une recette radio.

Plan d'action recommandé pour un projet UniFi

Pour tirer parti de cette évolution, un projet Wi‑Fi professionnel peut suivre six étapes simples.

  1. Décrire les usages. Recenser les zones, les pics d'occupation, les appareils par personne et les applications critiques.
  2. Construire le modèle. Importer le plan, vérifier son échelle et qualifier correctement les murs et les planchers.
  3. Déclarer les capacités. Créer des zones correspondant aux usages réels et répartir les clients par génération Wi‑Fi.
  4. Comparer les scénarios. Tester le placement automatique, plusieurs modèles de bornes et différents niveaux d'interférence autorisée.
  5. Valider la faisabilité. Contrôler les emplacements, les câbles, le PoE, les baies et les contraintes de pose sur place.
  6. Mesurer après installation. Vérifier la couverture, les interférences et la capacité avec les configurations et les clients réels, puis ajuster les radios.

Ce processus rend aussi les arbitrages plus lisibles. Si une salle passe de vingt à quatre-vingts appareils attendus, l'équipe peut mettre à jour la zone et observer l'effet sur le projet. Si le budget impose moins de bornes, le compromis devient explicite au lieu d'être découvert après l'installation.

Pour les entreprises déjà équipées en Ubiquiti UniFi, la fonction est également utile lors d'un réaménagement. Un plan peut être repris, les zones d'occupation actualisées et la capacité recalculée avant de déplacer ou d'ajouter des points d'accès. La version permet d'ailleurs de remplacer l'image d'un plan tout en alignant la nouvelle image sur les murs et équipements existants.

Ce que cette mise à jour change réellement

UniFi Design Center ne devient pas un outil de mesure. Il devient un meilleur outil de décision en amont.

La nouveauté importante n'est pas seulement l'automatisation. C'est l'ajout d'une donnée métier au modèle radio : le nombre et la génération des clients attendus dans chaque espace. Cette information permet de distinguer une zone simplement couverte d'une zone conçue pour supporter son occupation.

Le résultat reste aussi bon que les hypothèses saisies et doit être vérifié dans le bâtiment. Mais le projet commence sur de meilleures bases : les utilisateurs, les bornes et les canaux sont enfin pensés ensemble plutôt que successivement.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une Capacity Zone dans UniFi Design Center ?

Une Capacity Zone est une zone dessinée sur le plan à laquelle on associe un nombre de clients Wi‑Fi 6, Wi‑Fi 6E ou Wi‑Fi 7. Le placement automatique utilise cette charge déclarée pour adapter le nombre de bornes à l'intérieur de la zone.

Design Center calcule-t-il les besoins selon les applications ?

La version du 13 août 2026 demande un nombre de clients par génération Wi‑Fi. Elle ne remplace pas l'analyse des applications, de leur simultanéité et du niveau de service attendu. Ces éléments doivent être intégrés par la personne qui construit les hypothèses de capacité.

Le placement automatique remplace-t-il un audit Wi‑Fi ?

Non. Il produit une implantation prédictive à partir du plan et des paramètres du projet. Un audit vérifie les matériaux, le bruit radio, les interférences, la faisabilité des emplacements et le comportement réel du réseau.

Pourquoi Design Center peut-il désactiver des radios 2,4 GHz ?

La bande 2,4 GHz offre peu de canaux indépendants. Dans un réseau dense, trop de radios actives peuvent augmenter les recouvrements et les interférences. La planification automatique peut donc conserver la couverture nécessaire tout en coupant certaines radios excédentaires.

Faut-il choisir des canaux plus larges pour obtenir plus de débit ?

Pas systématiquement. Un canal large augmente le débit maximal potentiel, mais consomme davantage de spectre. Dans un environnement dense ou perturbé, des canaux plus étroits peuvent améliorer la réutilisation des fréquences et la régularité de l'expérience.