Un ordinateur affiche toujours quatre barres de Wi-Fi. Il reste associé à la borne, conserve son adresse IP et apparaît normalement dans le dashboard. Pourtant, un appel Teams se fige, les pages mettent plusieurs secondes à répondre et les paquets vers la passerelle se perdent. Le réseau semble connecté, mais il ne fonctionne plus correctement.
Nous avons rencontré ce tableau sur plusieurs réseaux Meraki exploités pour nos clients. La difficulté était sa nature intermittente : une borne pouvait fonctionner pendant des heures, se dégrader sans saturation radio évidente, puis retrouver provisoirement un comportement normal après un redémarrage ou un changement de canal.
La version Meraki MR 32.2.5.1, documentée le 5 novembre 2026, corrige deux défauts capables de produire ces symptômes : MR-99882 et MR-104909. Ils se ressemblent du point de vue de l'utilisateur, mais ne touchent ni exactement les mêmes bornes, ni les mêmes versions, ni les mêmes mécanismes radio. Les distinguer évite de transformer toute lenteur Wi-Fi en diagnostic automatique.
Ce qu'il faut retenir
- MR-99882 provoque des pics de latence, des pertes de paquets et une forte baisse de débit sur 5 GHz, alors que le client reste associé à la borne.
- Ce premier bug est confirmé sur les MR44, MR46, MR56, MR57, CW9164I et CW9166I avec MR 32.2.4 à 32.2.5, ainsi que sur MR 33.1.3.
- MR-104909 est un défaut distinct, confirmé sur MR46 et CW9176I avec MR 32.2.5, dans un scénario combinant canal DFS, OFDMA et certaines contraintes de coexistence radio.
- Redémarrer la borne peut masquer temporairement MR-99882. Pour MR-104909, le problème peut revenir en quelques minutes ; l'utilisation d'un canal non-DFS constituait le contournement documenté.
- MR 32.2.5.1 corrige les deux défauts, mais sa note de version conserve seize problèmes connus. La mise à jour doit donc être qualifiée sur quelques sites avant un déploiement généralisé.
Le symptôme trompeur : connecté ne veut pas dire fonctionnel
Ces incidents sont déroutants parce que les indicateurs habituels ne racontent pas immédiatement la panne. Le terminal ne se déconnecte pas forcément. Le SSID reste visible, l'authentification a réussi et le client apparaît dans le dashboard. Le support reçoit alors des descriptions vagues : « Teams coupe », « Internet est lent », « le Wi-Fi rame » ou « cela fonctionne après avoir coupé et rallumé la borne ».
Plusieurs causes ordinaires peuvent produire une expérience proche : signal faible, interférences, canal saturé, roaming tardif, problème DNS, accès Internet dégradé ou application distante indisponible. Une analyse des canaux Wi-Fi 5 GHz et du niveau de signal reste nécessaire. Mais dans les deux bugs corrigés, la panne peut apparaître sans forte utilisation du canal ni interférence évidente.
Il faut donc regarder plus loin que l'état « connected ». Les tests utiles sont simples : latence et pertes vers la borne ou la passerelle, débit dans les deux sens, comportement de plusieurs clients associés au même point d'accès, canal utilisé et version exacte du firmware. Un appel vidéo permet de constater l'impact, mais il ne suffit pas à identifier la cause.
MR-99882 : une radio 5 GHz qui reste dans un état dégradé
MR-99882 est le problème au périmètre le plus large. Cisco Meraki confirme les modèles et versions suivants :
| Modèles confirmés | Versions affectées |
|---|---|
| MR44, MR46, MR56, MR57, CW9164I, CW9166I | MR 32.2.4 à 32.2.5 |
| Les mêmes modèles selon les preuves disponibles | MR 33.1.3 |
Les clients 5 GHz peuvent subir des pics de latence intermittents, des pertes de paquets et une baisse importante du débit tout en restant associés. Les applications en temps réel sont particulièrement sensibles : l'audio ou l'image d'une visioconférence peut s'arrêter, saccader ou devenir inutilisable. La navigation ordinaire peut également ralentir ou échouer.
Meraki a reproduit le problème sur une MR46 servant huit clients 5 GHz avec un trafic audio et vidéo bidirectionnel continu. Une borne sur un canal adjacent servait quinze autres clients chargés. Cette reproduction ne signifie toutefois pas qu'il faut 23 appareils ou une forte densité pour déclencher le bug. Cisco mentionne aussi des signalements avec peu de clients et sans occupation radio anormale.
L'analyse de l'éditeur relie la dégradation à des échecs de transmission pendant le single-user transmit beamforming. Ce mécanisme adapte la transmission radio vers un client. Dans certaines séquences, des chemins de récupération ne restauraient pas correctement l'état de la radio. Le trafic continuait alors à être traité dans un état dégradé.
Désactiver le beamforming descendant ou l'OFDMA n'a pas empêché le comportement rapporté. Un redémarrage ou un changement de canal pouvait rétablir temporairement le service, mais déconnectait les utilisateurs et ne supprimait pas la cause. Avant MR 32.2.5.1, aucun contournement limité à la configuration n'était confirmé ; le support Meraki pouvait recommander un retour vers une version MR30 ou MR31 compatible.
MR-104909 : DFS et OFDMA, un autre chemin vers les mêmes pertes
MR-104909 produit une expérience proche, mais son périmètre est plus précis :
| Modèles confirmés | Version affectée | Conditions confirmées |
|---|---|---|
| MR46, CW9176I | MR 32.2.5 | Radio 5 GHz sur canal DFS, OFDMA actif et contraintes particulières sur les réponses montantes étroites |
Les clients peuvent connaître plusieurs secondes de latence et des pertes répétées, y compris lorsqu'ils contactent la borne ou la passerelle locale. Tous les appareils reliés à la même borne peuvent être touchés. Le défaut ne suppose pas qu'un radar ait été détecté ni qu'un administrateur ait changé manuellement le canal.
Sur un canal DFS, la radio doit respecter des règles de coexistence destinées à protéger les systèmes radar. Dans la situation décrite par Cisco, des balises voisines n'annoncent pas leur capacité à tolérer certaines réponses OFDMA étroites. La borne limite alors automatiquement la largeur disponible pour ces réponses. Le planificateur pouvait malgré tout conserver trop de clients dans un même groupe OFDMA, créant des allocations qui se chevauchaient et faisaient échouer les échanges.
Le redémarrage constitue ici un mauvais test de fermeture : la dégradation peut revenir quelques minutes plus tard. Désactiver le single-user transmit beamforming ne l'empêche pas non plus. Avant le correctif, Meraki recommandait d'utiliser un canal non-DFS, soit par une affectation manuelle, soit en retirant les canaux DFS du profil RF.
Ce contournement a un coût. Exclure les canaux DFS réduit le nombre de canaux 5 GHz disponibles et peut augmenter leur réutilisation entre bornes voisines. Meraki rappelle d'ailleurs dans sa documentation radio que leur désactivation générale n'est pas recommandée sans analyse du plan de fréquences. Un changement de canal doit être préparé, observé et réversible.
Comment distinguer les deux défauts sur un site
La note de version permet de construire une première grille de qualification. Elle ne remplace pas l'analyse du réseau, mais évite plusieurs fausses pistes.
| Question | MR-99882 | MR-104909 |
|---|---|---|
| La borne figure-t-elle dans le périmètre confirmé ? | MR44, MR46, MR56, MR57, CW9164I ou CW9166I | MR46 ou CW9176I |
| Quelle version est installée ? | MR 32.2.4 à 32.2.5 ou MR 33.1.3 | MR 32.2.5 |
| Le canal 5 GHz est-il DFS ? | Pas une condition confirmée | Oui |
| Le problème peut-il apparaître avec peu de clients ? | Oui | Les pertes sont liées au chemin de planification et à la charge, sans nombre universel publié |
| Un redémarrage peut-il aider ? | Temporairement | Pas durablement ; le défaut peut revenir rapidement |
| Quel mécanisme est corrigé ? | Récupération de l'état radio pendant le beamforming | Groupement OFDMA selon les ressources de réponse disponibles |
Cette grille sert d'orientation, pas de preuve automatique. Par exemple, une MR46 sous MR 32.2.5 sur un canal DFS appartient aux deux périmètres. Il faut alors conserver les heures précises, les clients affectés, les tests vers la passerelle et les informations radio avant de redémarrer la borne. Ces éléments permettent au support de rapprocher les symptômes du bon défaut.
Le diagnostic doit également vérifier les causes plus classiques. Un signal faible ou un roaming mal réglé peut toujours dégrader les appels. Notre article sur le Minimum RSSI et le roaming Wi-Fi explique pourquoi une modification agressive de seuil peut elle-même provoquer des déconnexions. Corriger un firmware ne remplace pas une implantation radio cohérente.
Ce que MR 32.2.5.1 corrige réellement
Pour MR-99882, le nouveau logiciel radio corrige trois chemins de récupération. Il attend la transmission des paquets de beamforming encore en vol, restaure certains paramètres d'émission lorsqu'ils deviennent invalides et récupère l'état de la radio lorsque les pondérations de beamforming ne sont plus disponibles. L'objectif est d'éviter que le chemin d'émission reste bloqué dans l'état associé aux pertes durables.
Pour MR-104909, le correctif adapte le groupement des clients OFDMA aux ressources réellement disponibles après application des contraintes de coexistence. Si la largeur de réponse ne permet pas de servir tout le groupe, celui-ci est réduit au lieu de créer des allocations invalides qui se chevauchent.
Ces explications sont importantes : la version ne se contente pas de masquer une alerte ou de redémarrer automatiquement la radio. Elle modifie les chemins logiciels qui menaient à la dégradation. Cela justifie un test ciblé sur les sites touchés.
La prudence reste néanmoins nécessaire. La note MR 32.2.5.1 répertorie deux problèmes corrigés et seize problèmes connus. Certains concernent SNMPv3, RadSec, le roaming avec authentification MAC, le basculement LACP, les SSID Teleworker VPN, le multicast, la puissance 6 GHz ou des redémarrages inattendus. Tous ne touchent pas tous les modèles, mais ils imposent de lire la matrice correspondant au parc réel.
Notre plan de mise à jour conseillé
Une entreprise ayant rencontré les symptômes n'a pas intérêt à attendre passivement, mais elle ne doit pas non plus mettre à jour toutes ses bornes sans qualification. Nous recommandons un déploiement par étapes.
- Inventorier le périmètre. Exporter les modèles, versions, profils RF et canaux des sites concernés. Identifier en priorité MR44, MR46, MR56, MR57, CW9164I, CW9166I et CW9176I.
- Conserver les preuves avant redémarrage. Relever les heures, clients, pertes vers la passerelle, canal, largeur, utilisation radio et chronologie des connexions. Un redémarrage peut effacer l'état utile au diagnostic.
- Ouvrir ou compléter le dossier Meraki Support. Associer les symptômes et les versions aux identifiants MR-99882 ou MR-104909 sans présenter cette association comme certaine avant corrélation.
- Choisir un site pilote. Préférer un lieu représentatif, avec plusieurs bornes et une fenêtre permettant de vérifier la visioconférence, la navigation, le roaming et les accès locaux.
- Planifier les redémarrages. Une mise à jour de firmware interrompt le service. La stratégie « Minimize client downtime » peut échelonner les bornes, mais elle ne tient pas compte des tags d'AP ni des VLAN affectés aux SSID.
- Observer pendant plusieurs jours. MR-99882 pouvait nécessiter une longue période avant d'apparaître. Un test de dix minutes après la mise à jour ne suffit donc pas.
- Étendre progressivement. Déployer ensuite par groupes de sites comparables, avec un point de contrôle et un retour arrière préparé.
Le dashboard permet d'organiser ce travail, mais la validation doit rester liée aux usages. Une mise à jour terminée et une borne « online » ne prouvent pas que Teams, la téléphonie Wi-Fi, les terminaux métiers ou le roaming fonctionnent correctement. Cette distinction rejoint notre approche de Meraki Actions et du diagnostic réseau : une hypothèse ou une opération appliquée doit toujours être suivie d'un test du service réel.
Que vérifier après la mise à jour
La recette doit reprendre le symptôme initial avec des mesures comparables :
- pertes et temps de réponse vers la passerelle depuis plusieurs clients 5 GHz ;
- appel Teams, Meet ou Webex suffisamment long pour observer la stabilité ;
- débit montant et descendant, sans se limiter au pic maximal ;
- comportement de plusieurs bornes, y compris lorsque le nombre de clients baisse ;
- roaming entre deux points d'accès ;
- évolution des canaux et événements DFS ;
- supervision SNMPv3 et authentification RadSec lorsqu'elles sont utilisées ;
- redémarrages inattendus et nouvelles alertes dans le dashboard.
Il faut aussi conserver une période d'observation réaliste. Les deux bugs ne se reproduisaient pas de la même manière et MR-99882 pouvait apparaître tardivement. L'absence de pertes juste après le redémarrage est encourageante, mais elle ne constitue pas encore une validation durable.
FAQ
MR 32.2.5.1 concerne-t-il toutes les bornes Meraki ?
Non. Les deux correctifs décrits ont des listes de modèles et de versions confirmées. Le fait qu'un autre modèle rencontre des lenteurs ne permet pas de l'attribuer automatiquement à MR-99882 ou MR-104909.
Faut-il désactiver les canaux DFS sur tous les réseaux ?
Non. Le canal non-DFS était un contournement documenté pour MR-104909 avant le correctif. Retirer tous les canaux DFS réduit le spectre disponible et peut dégrader le plan de fréquences. La décision doit être prise par site et revue après la mise à jour.
Un redémarrage de la borne suffit-il ?
Non. Il pouvait restaurer temporairement le service pour MR-99882. Pour MR-104909, le défaut pouvait revenir en quelques minutes. Le redémarrage peut également supprimer des éléments utiles au support ; il vaut mieux collecter les preuves avant l'intervention lorsque le service le permet.
Peut-on déployer MR 32.2.5.1 partout immédiatement ?
La version corrige deux défauts importants, mais elle conserve seize problèmes connus. Vérifiez les modèles, fonctions utilisées et notes de version, puis commencez par un périmètre pilote. La disponibilité et le statut proposés dans le dashboard doivent également être contrôlés organisation par organisation.
Besoin d'aide pour qualifier votre parc Meraki ?
BoucheCousue peut inventorier les versions et modèles concernés, rapprocher les symptômes des événements du dashboard, organiser un pilote et vérifier les usages après mise à jour.
Sources et références
4 références
- Cisco Meraki — MR 32.2.5.1 Release Notes — publiée le 5 novembre 2026
- Cisco Meraki — MR 32.2.5 Release Notes — consultée le 6 novembre 2026
- Cisco Meraki — Dynamic Frequency Selection (DFS) — documentation consultée le 6 novembre 2026
- Cisco Meraki — Access Point Firmware Upgrade Strategy — documentation consultée le 6 novembre 2026
